Planter dans du compost : une méthode pour ne plus travailler le sol

Planter dans du compost directement vos plants à repiquer

Pour ne pas avoir à travailler le sol, j’ai décidé de planter dans du compost.. Ça fait quelques années maintenant que je vous ai parlé du livre de dominique SOLTNER, le guide du nouveau jardinage. Je suis étonné de voir si peu de jardinier mettre en pratique ses méthodes. Dans mon nouveau potager aveyronnais, les conditions du sol sont beaucoup plus difficiles, ce qui me pousse au changement.

Pourquoi planter dans du compost ?

Il y a deux raisons majeures qui me pousse à changer mes méthodes de jardinage : mes nouveaux objectifs et le sol. Même si mon ancien potager de Normandie produisait beaucoup et que je pouvais distribuer mes surplus aux amis, il n’en reste pas moins que ce potager ne me rendait pas vraiment autonome. C’est-à-dire que ma production abondante durant les beaux jours ne compensait pas la période durant laquelle le potager est au ralentie. En bref, je ne produisais pas assez de conserve, de tubercules, de racines, de légumes secs pour passer l’hiver. La difficulté majeure qui m’empêchait d’exploiter au mieux mon potager se résume surtout par le fait que je ne vivais pas sur le terrain. Si je veux continuer à vous parler d’autonomie alimentaire le minimum ; c’est de l’atteindre ou du moins s’en rapprocher le plus possible.

Les jeunes radis sortent du compost

Dans mon nouveau potager aveyronnais, au pieds de notre maison, je vais pouvoir chaque jour contrôler que mes cultures se portent bien et donc produire plus et mieux. Mon nouvel objectif est donc de produire suffisamment pour assurer notre autonomie alimentaire, mais aussi pour créer un complètement de revenue. Je m’oriente vers le micro-maraichage.

C’est un beau défi car avec le recul, la maison que nous avons choisi ne s’y prête pas vraiment, à cause principalement des fortes pentes. Les pentes nous obligent à créer des terrasses et à maltraiter notre sol, déjà pauvre, à coup de pelleteuse. Notre sol est bien moins fertile et facile à travailler que celui de Normandie. Pourtant, je me plaignais à l’époque de celui-ci car je le trouvais trop lourd à travailler. Ici, non seulement il est lourd mais en plus il devient dur comme de la pierre en séchant. Pour couronner le tout, par endroit, il y a 4m de profondeur et à d’autre on est à fleur du rocher.

En bref, le sol d’origine est difficile à travailler, plein de cailloux et peu fertile. Les travaux de terrassement nous ont obligé à détruire le peu de vie qu’il pouvait y avoir et les engins ont achevé le tout en le tassant. Vous l’avez compris, mon sol n’est pas une partie de plaisir ! Pour le moment !

Créer un support de culture idéal

Vous pouvez me dire qu’un mauvais sol n’est pas une fin en soit, et à force de culture et de paillage, je pourrais l’amender, le rendre plus facile à travailler et plus fertile. Je suis d’accord, mais en combien de temps ? Combien d’année, je vais devoir essayer de planter ma grelinette dans cette terre dure comme de la pierre ?

Vous pouvez aussi me demander pourquoi je ne continue pas avec mes carrés de potager. Les planches de cultures surélevées sont parfaitement adaptées à ces conditions de sol. Croyez-vous qu’un objectif de micro-maraichage soit compatible avec des carrés de potager ? certes non ! il faut plutôt s’orienter vers des méthodes proches des maraichers. Il y a deux exemples qui n’inspirent beaucoup pour mettre en place ce nouveau potager et passer du titre de jardineur à mardinier ! 😊

Je vous recommande de vous abonner à la chaine de charles Dowding et celle de Dutch Farmer Moreno. Ils sont pour moi deux exemples à la frontière entre le jardinier et le maraîcher. Dans ces deux exemples, les pratiques culturales sont très orientées sur l’utilisation du compost et la création de planche de culture en étalant le compost directement sur le sol d’origine.

Ne pas mélanger le compost à la terre

En début d’article, je vous partageais mon étonnement vis-à-vis du jardinage sur compost, mais finalement moi-même je l’ai très peu expérimenté !

  • J’ai fait quelques semis sur compost dans mes carrés de potager
  • J’ai rempli mes planches de culture surélevées avec un mélange de terre du jardin et de compost.
  • J’ai amandé une grande partie du sol de la prairie avec une apport massif de compost, mais toujours en mélangeant le compost avec la terre.
Le compost est directement étalé sur le sol d’origine

Je n’ai jamais expérimenté le jardinage sur compost. C’est-à-dire de planter directement dans une couche de compost étalée directement sur le sol. J’avais et j’ai encore un peu je crois, un apriori sur le compost des plateformes de compostage. Il me paraissait nécessaire de mélanger le compost avec la terre :

  • Pour premièrement refroidir ce compost encore fumant.
  • Pour mélanger l’argile de la terre et la matière organique du compost afin de facilité la création d’un sol riche en humus.

Seulement mélanger le compost et la terre a l’inconvénient majeur de « polluer » le compost avec les graines des indésirables naturellement présent dans le sol. Pour limiter le développement des mauvaises herbes il est préférable des les laisser à l’obscurité sous la couche de compost.

Le compost de déchet vert une chance pour les jardiniers

Je pense que vous savez tous ce que sont les déchets verts ? j’imagine que vous aussi vous êtes allez vider votre remorque, remplie des branches de la taille de vos haies, dans les grosses bennes de déchets vert de la déchèterie de votre commune. Des bennes pleines de tonte de pelouse, de feuilles mortes de branches en tous genre et de toute taille, des vielles souches, bref que du végétale. Tous ces déchets sont redirigés vers les plateformes de compostage pour être broyé, humidifié et mis en andain, régulièrement oxygéné par retournement. La fermentation qui en résulte élève la température au-dessus de 60 degrés et cela durant plusieurs semaines qui va finir par descendre peu à peu en quelques mois à mesure de la maturation du compost. Ce compost est finalement criblé et vendu en sac ou en vrac.

Pourquoi ce compost suscite encore la méfiance ?

Il y a encore beaucoup d’apriori sur le compost, surtout quand il vient de plateforme de compostage de grande envergure. Beaucoup de jardinier se demandent encore si c’est bio, si le compost n’est pas pollué par des produits chimiques, ect … Je les comprends car avant 2002 la législation sur le recyclage était plus souple et on pouvait trouver d’autre matériaux moins nobles, que les déchets verts, dans le compost. En utilisant le compost des plateformes de compostage beaucoup de jardiner imagine encore étaler dans leur potager des restes de couche culotte de bébé. Les plus sceptiques pourraient se dire : « je n’ai pas confiance dans ce compost, je préfère utiliser le mien » ! Seulement pour recouvrir un potager de 100m2 avec disons 10cm de compost, alors il faut 10m3. Il n’y a pas d’autre choix que d’utiliser le compost des plateformes. Il serait bien trop difficile de vouloir produire soi-même tout le compost nécessaire à cette pratique de jardinage.

Quelles sont les qualités du compost de déchet vert ?

Un compost mûr

Le compost proposé par les plateformes est mûr, c’est-à-dire que leur fermentation est terminée, il est donc possible de semer et de planter dans le compost directement. En prenant quelques précautions avant que l’on verra un peu plus loin.

Un compost Assaini

Le compost est assaini, c’est-à-dire que toutes les graines et les germes de maladies ont été détruit par la montée en température et par la durée de fermentation. Des qualités impossible a obtenir avec un compost maison.

Un compost déconcentré

Le compost est déconcentré, c’est-à-dire que la teneur en azote est autour de 1% ce qui veut dire, contrairement au compost de fumier, qu’il n’y a pas de risque de surdosage.

Le compost de déchet vert est-il bio ?

Il peut l’être ! il suffit qu’il soit le certificat ecofert. Vous pouvez demander à la plateforme près de chez vous si c’est le cas.

Quelques précautions avant de planter dans le compost

Si comme moi vous vous faites livrer un camion de 20m3, vous allez vite constater que le compost fume encore et si vous plongez la main dedans c’est très chaud ! Assez chaud pour cuire vos jeunes plants fraichement repiqués. Pour planter dans du compost, il faut bien entendu que celui-ci est terminé sa maturation, mais dans le cas ou les processus serait toujours en cour, en étalant le compost sur votre sol, il va refroidir. C’est pour cette raison, qu’avant de semer ou planter dans le compost, j’attend une bonne semaine. Au moment de planter sous aller sentir en manipulant le compost s’il est encore chaud. S’il est froid alors vous pouvez planter.

Stocker le compost pour qu'il murisse
Stocker le compost pour qu’il murisse

Vous pouvez aussi remplir une terrine ou deux avec votre compost et semer du cresson alénois. Le cresson est très sensible aux inhibiteurs de germination. Car il n’y a pas que la chaleur qui pourrait nuire a vos semis. Un compost en cour de fermentation dégage de l’ammoniac, substance qui inhibe la germination.

Pour être sûr d’avoir toujours à disposition du compost bien mur, l’idéal est de la stocker chez soi. Si vous n’avez pas beaucoup de place, je vous donne une astuce qui consiste à étaler le compost dans des chemin ou allées sur une grosse épaisseur. Apres quelques pluie, le compost va se tasser et vous pourrez marcher dessus dans salir vos chaussures.

Les avantages de semer et planter dans du compost

Retour d’expérience sur les semis sur compost

Après une bonne sué pour mettre en place ce nouveau potager sans travail du sol, place aux premiers semis. Pour le moment j’ai encore peu de retour à vous faire sur les récoltés, mais déjà rien que sur le semis et sur la levée des graines, je dois dire que je suis agréablement surpris. C’est tellement agréable d’ouvrir un sillon au râteau. C’est tellement léger que l’on pourrait travailler exclusivement à la main pour semer et planter. Franchement c’est le top des lits de semence ce compost.

  • Leger, et facile à travailler
  • Fin, idéal pour les petites graines
  • Qui retiens l’humidité, si vous ne le laissez pas sécher.

On en arrive à un point important pour réussir ses semis sur compost. Pendant que votre compost refroidi surveillez bien son niveau d’humidité. Ici le mois d’avril a été froid et sec et le compost sécher a vue d’œil. Heureusement j’avais déjà quelques réserves d’eau dans la cuve et j’ai pu arroser régulièrement. En arrosant ne vous fié pas à ce que vous voyez en surface, car vous pouvez croire que le compost est humide à son aspect, mais en grattant quelques cm, vous constaterez que c’est très sec en dessous. Il faut humidifier jusqu’au sol d’origine et ça peut consommer pas mal d’eau. C’est pour cette raison que je vous conseille de commencer ce genre de potager en automne, le climat humide de l’automne se chargera d’arroser le compost pour vous. Une fois bien humide, avec un paillage, le compost sèchera moins facilement. Ce qui est difficile c’est d’humidifier un compost totalement sec, car l’eau glisse dessus et s’infiltre difficilement. Donc gardez à l’esprit ! ne jamais laisser sécher le compost.

Pour conclure

Il faudra attendre 2 ou 3 saisons pour avoir un retour valable sur la méthode de jardinage sur compost, cependant je suis confiant aux vues des résultats de Dominique SOLTNER.

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Responses

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  1. Je conçois aisément votre méthode de “travail du sol” avec le compost. Par contre je me pose deux questions :
    tout le monde est-il capable de faire un bon composte ?
    En effet, quand je vois des “potagistes” amateurs mettre tout et n’importe quoi dans leur compost,
    quand je vois aussi des potagistes qui se fournissent en grande distribution en produits transformés et en produits frais,
    je me demande si le compost est si “bio” qu’il n’y paraît.

    Mettre du composte sur le sol n’est-ce pas le résultat d’un échec ?
    Je m’explique :
    Un sol bien entretenu, bien travaillé, c’est-à-dire ” pas travaillé ne devrait-il pas avoir besoin qu’on le “nourrisse” avec du composte ?
    Si on s’y prend bien, le sol devrait être auto-fertile durablement.
    Lui apporter du compost ne serait-il pas le “surdoser” ? Pire, ceux qui font mal leur compost finissent par acidifier et empoisonner leur sol… J’aimerais avoir votre avis sur ces sujets et vous en remercie par avance.
    Je profite de ce message pour vous dire combien je suis admirative pour votre engagement et votre partage généreux de vos connaissances et de votre pratique !
    Amicalement vôtre de la part d’une arrière grand-mère de 74 ans ! LOL !

    1. Bonjour Danielle, oui vous avez en partie raison ! Pas besoin de compost sur une terre “bien travaillée” comme vous dites ! seulement il faut bien commencer ! Et dans mon cas je n’ai pas la chance d’avoir une bonne terre et avant qu’elle ne deviennent “bonnes” il va se passer les années, alors avec le compost je prend un raccourci pour accélérer le temps.

  2. Merci pour l’indication concernant l’amoniac !
    J’ai renoncé à acheter du compost après un test l’an dernier. D’abord le prix, puis et surtout la compacité qui empêchait les plants de se développer ! Ce compost semblait n’être constitué “que” de bois et humidifié devenait très dur et étanche à l’arrosage ! d’où l’impossibilité pour les plantes de s’y construire un système racinaire… Je m’en constitue donc un personnel en récupérant les déchets verts (pas assez d’herbe chez-moi), mêlés aux restes de cuisine, bois et fumiers, le tout broyé. Il semble mur en 3 mois, mais ce n’est qu’en apparence, bien qu’il soit utilisable pour étendre sur le jardin. Sinon, je laisse une partie des “mauvaises herbes” en couvert. Ici, la terre est béton (argileuse). Merci pour les conseils.

    1. cher Jean-Louis,
      il n’y a pas de mauvaise herbes… mais il y a de mauvaises gens…
      toute herbe, plante, fleurs, est utile est a un rôle particulier dans l’éco-système. Vous pouvez même utiliser les soit disant mauvaises herbes de sorte qu’elles deviennent des plantes amies. Le premier exemple qui me vient est celui de l’ortie, mais il y a aussi le pissenlit, le plantain et bien d’autres. En sachant les “travailler” et les utiliser, il est tout à fait possible de les maîtriser. J’ai vu tout cela sur le site de Florence “saine abondance”. C’est une pure merveille de l’approche de la permaculture entre autre et de tout ce qui est plantes. Elle est complémentaire de Loïc dans ses informations et ses propositions. Aller y faire du tourisme c’est ne plus la quitter. LOL ! Amicalement
      Danielle

  3. J’ai trouvé un peu loin de chez moi environ 80 km une plate-forme de compostage. J’y suis allé deux fois avec ma remorque qui peut contenir 600 cm3 de compost pour un prix dérisoire. EN vrac il m’a couté 15 euros. C’est de la très bonne qualité et les résultats sont spectaculaires avec environ 3-4 cm posé sur le dessus des bacs. C’est la seconde fois que j’y vais. Dommage que cà soit aussi loin. Dans certaines régions c’est beaucoup plus facile (Alsace, Bretagne etc).
    Pour le remplissage des bacs au départ, j’ai fait venir de la terre mélangée avec du terreau en Bags. C’est très cher. J’ai aussi fait venir du bois broyé. Le transport par camion s’élevait déjà à 700 Euros sans la marchandise.

  4. Je fais un essai cette année de lasagne avec du compost de station : terre d’origine dure et calcaire , une couche 1 de compost une couche de tonte, une couche 2 de compost une une couche de tonte une couche 3 de compost et paillage. J’ai prévu patate douce, choux , tomates et salades . À suivre

    1. Si vous voulez partager l’expérience sur le forum, ca risque d’intéresser quelques jardiniers 🙂

  5. Bonjour et bienvenue en Aveyron! C’est un département très agréable pour y vivre et riche de multiples paysages malgré les hivers un peu rudes à certains endroits!

  6. Merci Loïc pour cet article super intéressant. Je jardine en “amatrice” sur mon balcon et il est clair que je n’ai pas les mêmes contraintes de rendement que toi. Cependant, quand on essaie de jardiner de manière écologique, on ne peu pas passer à côté du compost. Je trouve simplement formidable ce qu’on peut faire avec cette matière qui est à la fois un engrais naturel et un amendement.
    Amicalement
    Valérie

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