La semaine dernière, je vous parlais du potentiel naturel endormi des villes. Parmi les avantages que je donnais au jardin des villes par rapport au jardin des campagnes, il y avait la présence importante des constructions. Ces constructions peuvent être mises à profit pour créer des microclimats favorables à nos cultures.

Dans l’essence de la permaculture de David Holmgren, on retrouve cette idée au travers du onzième principe : Utiliser les interfaces et valoriser les éléments en bordure. L’illustration de ce principe nous montre que le monde est constitué de bordure et d’interface.

J’aimerais m’attarder un peu plus sur ce principe de permaculture.

Description des interfaces et des bordures

Dans un premier temps, il faut comprendre ce qu’est une interface. Le meilleur exemple à mon gout est celui du sol. Le sol que le jardinier exploite, c’est-à-dire les 20 premiers centimètres, est l’interface entre le sol minéral et l’atmosphère. Naturellement, ce sol est riche et foisonne de vie. Notre agriculture conventionnelle n’a pas su comprendre qu’il fallait en prendre soin. En quelques décennies, elle a détruit ce milieu indispensable au bon développement des plantes. Comme autre exemple, on peut citer les rives et les berges des cours d’eau ou des étangs. Cette frontière entre l’eau et la terre est aussi une interface riche et favorable à la biodiversité.

Les interfaces doivent leur richesse au fait qu’elles cumulent les avantages des 2 environnements qu’elles séparent. Les espèces qui vivent au niveau de ces interfaces peuvent bénéficier de ces conditions favorables. Regardez les rives du Nils. La vie se concentre dans l’interface qui sépare l’eau et le désert. Bien que les conditions climatiques extrêmes amplifient le phénomène, les principes restent les mêmes que l’on soit en Normandie ou en Égypte.

La bordure quant à elle, se distingue plus nettement. Si l’interface représente une zone, la bordure serait plus une ligne. Par exemple, le pied d’un mur de clôture est une bordure, la séparation entre une allée et la pelouse aussi. Les effets bénéfiques de la bordure sont plus localisés. Le micro climat provoqué par un mur exposé au sud n’aura pas d’influence sur une large zone.

Déterminez vos interface et bordures

Sur votre terrain, je vous conseille de rechercher toutes les interfaces et bordures déjà présentes. Ouvrez bien les yeux ! Les bordures parfois se cachent et le plus souvent elles sont une solution et non pas un problème. Pour mieux comprendre je vais vous raconter l’histoire des bordures de mon potager en carrés de ville.

Quand j’ai installé ce potager, je comptais utiliser un stock de vieilles briques présentes sur le terrain. Je voulais faire les allées du potager avec. Pour bien placer mes carrés de potager, j’ai dû rogner de quelques centimètres sur l’allée en béton. De plus, comme le terrain faisait une cuvette, j’ai cherché à rattraper le dénivelé en ceinturant toute la surface du potager d’un petit muret en béton.

Je vous ai mis quelques photos pour que vous compreniez mieux la situation.

C′est à ce niveau que se formait la marre ! j’ai failli avoir des canards 🙂

Naturellement les fraisiers colonisent plutôt la bordure que l′intérieur de la planche de culture.

Vous pouvez voir la petite bande de terre entre les briques et l′allée

La propagation des fraisiers se fait sur la petite bande de terre

Dès les premières pluies, j’ai constaté que mon mini muret faisait obstacle à l’eau qui ruisselait sur mes allées. Du coup, je me retrouvais avec une grande flaque d’eau dans le passage. La bordure entre les allées et le potager était en train de créer une mare. De l’eau aussi proche du potager sans pouvoir l’utiliser, vous avouerez que c’est un peu dommage.

Pour résoudre le problème j’ai coupé une bande de béton de quelques cm au lapidaire. Du coup l’eau peut s’infiltrer juste au pied du potager. Étant donné que la terre de mon potager de ville est très sableuse, ma terre a tendance à sécher très rapidement malgré le paillage permanent. En canalisant l’eau de pluie et en l’obligeant à s’infiltrer juste au pied du potager, j’ai créé une zone beaucoup plus humide.

La conséquence est que les herbes se développement très rapidement dans cette petite bande de terre. Les herbes mais aussi mes fraisiers ! Bah oui, spontanément mes fraisiers colonisent cette petite bande de terre. Il est vrai que j’oriente en peu les gourmands des fraisiers, mais je remarque tout de même, que leur développement est bien meilleur sur cette bordure plutôt qu’en plein milieu de mes carrés de potager.

Les principes de permaculture peuvent nous aider à mieux cultiver notre potager. Je recommande à tous les jardiniers débutant de vous imprégner de son éthique. Pour entrer dans ce nouveau monde, consultez la formation de l’équipe de Permaculture Design.

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6 Commentaires
  1. Belle observation Loïc et une simple petite action en effet amplifie le phénomène naturel qui se concentre dans ces bordures. Pour accentuer le phénomène encore, on peut chercher à avoir des bordures les plus sinueuses possible pour augmenter leurs longueurs et l’efficacité du système dans un espace donné.

  2. Bonjour Loic,

    Je pense que l’observation de son environnement est l’une des clés de la réussite d’un potager. Comme quoi la nature est bien faite, comme tu le dis, tes fraisiers ont été s’installer (presque) naturellement dans cette petite bande de terre présente naturellement. En plus ça t’agrandit un peu ton carré de fraises 🙂

    A bientôt
    Yannick

  3. Dominique 5 ans Il y a

    Mille mercis pour tous ces articles sur le jardin. Élevée à la,campagne , et du temps où on allait rarement acheter dans les magasins faute d’argent, et du temps où le plastique n’existait pas, où il n’y avait pas de ramassage de poubelles , pour ramasser quoi ? Tout le monde enterrait ses détritus bio dégradables et son papier, il n’y avait rien d’autre à jeter, je suis restée furieusement écolo d’origine. Nous avons depuis peu une petite maison d’ouvrier avec le petit jardin tout en longueur qui va avec. Donc beaucoup de bordures. Et un gazon envahissant mis par les propriétaires précédents. J’ai commencé un petit potager l’an dernier, mais les limaces et escargots sont un très gros probléme. Les tomates étaient superbes jusqu’à l’arrivée du mildiou. J’ai trouvé sur Pinterest des tas de recettes pour traiter bio, engrais bio et des tonnes de choses très intéressantes si on sait lire en américain. J’en ai récolté tout un tas. Je vous envoie le lien vers mon tableau si ça vous intéresse. Pour mes tomates, c’était malheureusement trop tard.
    Encore merci pour vos articles que je suis avec beaucoup d’intérêt. Pour le compost en petits jardin : connaissez-vous le tuyau-composteur? Génial!

  4. Dominique 5 ans Il y a

    PS : je suis d’accord : jardiner est un acte politique.

  5. Dominique 5 ans Il y a

    Pour les petits jardins : les “tours” à pommes de terre, qu’on peut remplacer par des sacs de jute, ou des conteneurs de toutes sortes : http://fr.pinterest.com/dominiquebrahmi/jardin-les-pommes-de-terre/

    Pour les fraises dans les tous petits jardins ou les terrasses : http://www.attainable-sustainable.net/17-plants-small-space/

    Pour le compostage dans les tous petits jardins : http://offbeathome.com/2012/07/worm-tube-composting j’ai commencé cet été, les vers avalent des quantités !!

  6. Préau Muriel 5 ans Il y a

    Tout à fait d’accord avec Pierre Rabhi rencontré plusieurs fois en 2013, c’est un acte politique, et je dirais même plus de revendications citoyennes d’indépendances, je m’explique, je suis travailleuse handicapée à temps partiel avec un revenu mensuel de 657€ & un RSA complémentaire de 110€, et bien ! heureusement que j’ai ma petite parcelle de jardins partagés d’Eragny sur Oise de 12M/2 (où je suis la présidente de l’association “les potagers de La Challe” mon quartier), car cela fait déjà 5 jours que je n’ai plus un euros et je récolte tous les 3 jours mes patates (j’en plante 1 chaque semaine des roses de Touquet achetées les premières il y a 3 ans et aucunes depuis), mes poireaux de Carentan Kokopelli plantés serrés cette année, des oignons, de la mâche, encore quelques grosses fraises et des framboises remontantes, des carottes, des panais, du choux feuilles, blanc, vert, et pommé et depuis une semaine mes 1ers radis noirs, et mes 1ers bouquets de brocolis apparaissent, mes courgettes rondes de Nice continuent de donner, ainsi que mes melons hihihi!!!, mes fenouils & mes betteraves;
    Effectivement il a éveillé ma conscience et comme tu le dis si bien m’a guidé sur un tout autre chemin… vers l’écologie le respect et la sauvegarde de la biodiversité et de l’environnement (je fais d’ailleurs parti de l’agenda 21 sur la CACP de Cergy Pontoise depuis 3 ans). J’étais certes, quelque part rangé dans un coin de mon cerveau en sommeil de l’éclosion de l’adulte que je suis devenue, écologiste depuis mon enfance ayant passée toutes mes vacances chez mon oncle fermier en Charente Maritimes &, plantant chaque année sur le balcon familial mes radis, carottes & salades depuis 1961.
    Longue vie à toutes et tous ces jardiniers ; Qu’est ce qu’on est bien les mains dans la terre et quels plaisirs à regarder vivre la biodiversité de la terre quand tu es entrain de griffer la terre et qu’à 1 tout petit mètre sur la clôture en châtaignier non épointée non traitée t’observe un rossignol qui te suit à la trace à chaque délicat retournement ou griffage ou paillage dans l’attente de ton départ… Bonnes récoltes à tous et toutes et merci de tes conseils et autres astuces. Muriel

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