Cultiver sous serre : 5 bonnes raisons

Ça peut paraitre évident, pour certains d’entre vous, la réponse à cette question ! Tellement évident que j’ai oublié d’y répondre et bon nombre de débutants ne voient pas forcement l’intérêt d’investir dans cet outil. Surtout qu’en terme de tarif, on trouve de tout. Avant de parler du choix des modèles, je compte dans cet article combler cette lacune. Pour vous donner les bonnes raisons de cultiver sous serre, je vais me servir d’exemple. Le premier concerne la culture des tomates et illustre la première raison.

Protéger ses cultures des maladies

J’imagine bien que vous avez dû faire la même tête que moi en rentrant de vacances, en allant faire un petit tour dans le potager. Oui oui, je parle des pieds de tomates tout noirs couverts de mildiou. Il y a quelques années, j’en ai fait l’amère expérience ! A mon départ de vacances, j’avais des beaux pieds couverts de tomates encore vertes et à mon retour, les tomates, ainsi que les pieds étaient complètement pourris. Pour ceux qui ne le savent pas encore, à l’époque j’habitais en Normandie ! Alors forcément, il faut s’attendre à recevoir un peu de pluie. Bref ! Dans ma région, ce n’est pas très prudent de vouloir cultiver, en extérieur, des plantes aussi fragiles. Surtout quand les graines que vous avez choisi sont de type F1 (reportez-vous à l’article choisir ses graines. En cultivant ses tomates sous serres, ce n’est pas tant qu’on les protège de la maladie, mais c’est surtout que l’on réduit les chances que la maladie se déclare, en contrôlant les facteurs climatiques. J’en arrive au second intérêt de cultiver sous serres.

Attaque de mildiou sur un pied de tomate cerise.

Rallonger les saisons

Imaginez que vous viviez dans un pays où il fait toujours le même climat doux et ensoleillé ! Ça vous fait envie ? On se sent quand même mieux, avec juste un short et un t-shirt, plutôt qu’avec une grosse polaire et des moon-boots. Pour les légumes, c’est pareil ! Ils se développent plus facilement quand le climat est favorable. Avec la serre, vous allez pourvoir commencer à cultiver beaucoup plus tôt. Les premiers rayons de soleil, vont chauffer l’intérieur de la serre et protéger vos plantes des gelées tardives. Avec la serre, vous allez pouvoir contrôler et tempérer les variations de température d’extérieur. Pour se faire, il y a différents moyens, comme par exemple les serres bioclimatiques ou serres solaire passives, qui peuvent garder une température hors gel à l’intérieur alors que dehors il fait moins 20°. Je vous invite à visionner les informations au sujet des serres du futur. Vous comprendrez mieux les capacités exceptionnelles de ces serres.

Cultiver plus tôt, mais aussi plus tard dans la saison ! Dans une serre bien contrôlée surtout au niveau de l’humidité, il est possible de récolter des tomates au mois de décembre. En ce moment, dans mes petites serres, j’ai toujours des tomates qui mûrissent, mais aussi du curcuma et des piments. Les plantes sont bien protégées des nuits fraîches et des gourmands qui rodent dans le potager.

Se protéger des prédateurs

Un autre avantages de cultiver sous serre, je parle plus particulièrement des petites serres spéciales potager en carrés, c’est de faire une protection contre les ravageurs style limaces et compagnie. Avec une serre bien fermée en périphérie, et après avoir contrôlé la présence éventuelle des fraudeurs dans la serre, vos légumes seront protégés. Cette protection est aussi valable contre tout ce qui veut du mal à vos récoltes, comme les oiseaux et les chats. Il est vrai que cet avantage n’est pas vraiment possible dans les serres type tonneau. Il y a bien trop d’ouverture pour empêcher les gluants d’y pénétrer.

Une serre parfaitement fermée qui protégé des ravageurs.

Améliorer la production

Inévitablement, en cumulant des facteurs climatiques favorables et en préservant les plantes des ennemis, il faut s’attendre à améliorer ses récoltes. S’il était possible de mettre sous serre, toute la surface de mon potager en carrés, je crois que je le ferais ! C’est bien l’objectif premier du jardinier non ? Obtenir des récoltes abondantes. C’est donc normal de chercher à améliorer les conditions climatiques et de protéger ses cultures. A travers différentes techniques, le jardinier cherche à réunir des conditions favorables ! Les pépinières, les couches chaudes, les tunnels maraicher, et les serres sont autant de solutions pour y parvenir. Souvent je me demande si ce n’est pas aller contre nature de vouloir faire pousser des plates qui ne sont pas originaire de nos régions. On a déjà constaté les dégâts que peuvent occasionner l’introduction d’une espèce hors de son milieu naturel. Concernant les plantes potagères, je crois qu’il y a peu de chance de voir l’une d’entre elle coloniser nos milieux sauvages. Les graines issues des sélections donnent des plantes bien trop faibles pour qu’elles puissent être une menace.

Cultiver sous serre présente trop d’avantage pour s’en priver. Les industrielles ne cultivent pas les tomates sous serres pour rien ! Bien entendu, il n’est pas question de faire comme eux ! On conservera la même éthique en serre qu’en extérieur.

Des conditions à contrôler pour cultiver sous serre

Cultiver sous serre n’est pas sans problèmes, surtout quand les serres sont de simples structures vitrées sans réflexion climatique à la conception.

  • Attentif au sol
    Dans tous les cas, il faut être attentif en premier lieu, au sol. Je vous recommande d’aménager des planches permanentes à l’intérieur de la serre, afin d’optimiser l’espace et d’éviter de piétiner le sol qui va recevoir vos plantes. Il faudra aussi faire attention à ne pas prélever plus que ce que vous lui apporter en retour, sous peine de voir s’appauvrir votre terre.
  • Contrôler la température
    Attention ! L’effet de serre pourrait bien avoir un effet radical sur vos semis ! Au début du printemps quand les premiers rayons vont traverser les parois translucides, la température pourrait bien monter très vite et cuire les jeunes plantes encore fragiles. Alors si vous n’avez pas de système d’ouverture automatique, pensez à ouvrir votre serre les journées ensoleillées. Vous refermerez la nuit pour conserver la chaleur.
  • Attention à l’humidité
    Le taux d’humidité peut varier aussi très vite du fait de l’ambiance confinée de la serre. J’en ai fait la douloureuse expérience, fin d’été l’année dernière, dans ma serre tonneau. Personne n’a pu ouvrir durant quelques jours ! Forcément ça ne pardonne pas ! Le mildiou a couvert irrémédiablement l’ensemble de ma production de tomates

La semaine prochaine, je vous donne quelques pistes de réflexion pour bien choisir une serre adaptée à vos besoins. En attendant si vous avez des questions, utilisez les commentaires, à bientôt.

Pour aller plus loin

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Responses

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  1. Je vais avoir une petite serre de 4m2, comment utiliser cet espace au mieux pour l’automne et l’hiver.. Merci

    1. Bonjour, avec un si petit volume, vous pourriez peut etre envisager de la chauffer un peu et donc de cultiver toute l’année

  2. Bonjour,
    quand vous dîtes “dans mes petites serres, j’ai toujours des tomates qui mûrissent, mais aussi du curcuma et des piments” cela signifie que toute l’année vous avez des récoltes ?
    Il est possible d’avoir une réelle production 52 semaines dans l’année ?

    1. Bonjour, C’est possible si vous avez des serres chauffées et éclairées ! Mais ce n’est pas mon cas.

  3. Je possède une serre tonneau de 3m x 3m dans laquelle j’ai installé 12 pieds de tomates au centre suspendus par une ficelle. Au milieu je mets des plants de basilic qui s’y plaisent bien et des pieds d’oeillets d’inde pour protéger des limaces et insectes. L’ensemble comprend 3 bacs de 40 de haut en longueur. Les bacs latéraux servent pour la production de concombres que je pense faire grimper cette année pour éviter qu’ils ne rampent dans les allées. J’ai arreté de metre des courgettes ou des potimarrons trop envahissants installés à l’extérieur. Les melons ont l’air de s’y plaire. Mon innovation de l’année passée : une serre tres haute avec polycarbonate pour les tomates avec 4 portes ouvrantes pour atteindre les plants. Cette serre est aérée en bas sur une hauteur de 20 cm et en haut sur une hauteur de 20-30 cm. Les tomates ont beaucoup apprécié et la récolte a été abondante et exceptionnelle. Les plants étaient tres vigoureux et il fallait limiter leur expansion. La récolte a duré jusqu’en novembre. J’attends confirmation pour cette année.
    Dans la serre tonneau qui n’a qu’une ouverture le résultat a été une fin beaucoup plus rapide de la production et un peu trop de chaleur. Je continue a planter des tomates cerises de plusieurs variétés directement dans les bacs sur pieds avec des résultats incroyables tomates nombreuses retombant en cascade jusqu’au sol.

  4. Pour les pieds de tomates, rien que le fait de créer un petit “toit” au-dessus des plantations peut être bénéfique contre le mildiou ! Mais une serre reste l’idéal pour peu qu’elle soit bien ventilée et que l’humidité soit bien gérée comme vous le dîtes.

  5. Bonjour,
    Ce n’est pas un commentaire, mais une question… Je réfléchis à acheter ou construire une serre, et je trouve l’aménagement de la serre tunnel dont on voit l’image sur votre site, avec 2 allées de part et d’autre d’un grand “carrés” (rectangle) central et 2 plus petits bacs de part et d’autre bien intéressant…
    Puis-je vous demander les dimensions de cette serre tunnel, et les dimensions des bacs & des allées ? Savez-vous passer avec une brouette dans les allées ? Sont-elles suffisantes pour travailler à son aise ?
    Mille mercis !
    Anne-Sophie

    1. Bonjour, les allées font 60cm et donc une brouette ne passe pas ! Dans une serre de 3m6 par 7m mon idée était de rentabiliser au maximum l’espace.
      les bacs sur les cotés font 60cm et le bac centrale 1m20

  6. Le tour d’horizon que je viens de lire synthétise à la perfection les avantages mais aussi les obligations générés par une serre.
    Je lui ajoute mon témoignage pour une serre tonneau de 6,5 mètres sur 6, avec une hauteur de 3 mètres sous l’allée centrale. Pour faire bref sur l’environnement, le climat extérieur est ensoleillé-tempéré (je vis sur la Côte de Lumière en Vendée, où il ne fait ni trop chaud en été ni trop froid en hiver) et ce que m’apporte ma serre non chauffée tient en une image : 40 m² d’oasis carrément sud-marocaine.
    Aussi ma principale préoccupation a-t-elle été la gestion des courants d’air. Car concrètement, même en cette mi-décembre, le thermomètre tutoierait les 50° après une heure d’ensoleillement sans nuages si on laissait mariner sous la bâche. Ce n’est cependant pas un casse-tête de polytechnicien ; en Crète, les Minoens maîtrisaient la climatisation 3000 ans avant notre ère.
    Une serre, c’est un deuxième mariage avec le jardinage. Sans oublier le premier amour, il faut savoir s’adapter à de nouvelles contingences car, comme il est expliqué dans le blog, certains écarts, fussent-ils brefs, ne pardonnent pas dans le monde sous abri.
    Pour autant, je tiens à dire –c’est d’ailleurs l’unique objet de mon témoignage– que n’importe quel jardinier ayant quelques années de pratique peut entrer sous une serre et apprendre à la gérer en transposant ses observations recueillies au potager extérieur. En 3 ou 4 ans, les maladresses du début et toutes les hésitations auront totalement disparu. Alors, vous enverrez les gamins cueillir des fraises mûres durant 7 ou 8 mois consécutifs; vos dernières tomates seront rose foncé en ce 13 décembre et vous râlerez parce que vous avez perdu de peu le pari de manger du raisin frais à Noël (la vigne tardive a encore des feuilles mais plus de grappes : on les a cueillies sans compter !). Le persil est encore guilleret, la ciboulette embaume sous l’ongle et, sur la petite butte sèche, le thym tiendra probablement tout l’hiver. La délicate angélique propose ses branches à confire pour le gâteau de Noël et la verveine, qui a touché le sommet de la bâche à 3 mètres de hauteur, progresse maintenant à 45° vers le sud.
    Sous nos latitudes, c’est au temps des frimas que le serre se transmute en paradis.

    Oh, pardon, j’allais conclure sans reparler des 50° qu’il y fait quand on n’est pas là pour aérer. C’est vrai : c’est problématique en habitat isolé. Moi, je vis au cœur d’un village où l’entraide n’est pas une qualité acquise et encore moins cultivée ; c’est juste une disposition naturellement transmise à la naissance, spontanément pratiquée dans la vie courante, et considérée comme basiquement normale à tous les stades de l’existence. Sauf chez les monstres, les pauvres. Autrement dit, quand je m’absente, plein de voisins sont prêts à bichonner ma serre. Pour la bonne règle, je leur fais prêter serment d’y cueillir tout ce qui pourrait agrémenter leur cuisine du jour. Mais je pense que sur ce blog, il est superflu de faire l’éloge de la mutualisation, non ?

    Bonne pioche à tous

  7. Bonjour Loic, Merci, tous mes compliments pour toutes vos infos c’est très utile, mais je me demande comment dégagez vous du temps pour cultiver votre jardin ? le multimédia est chronophage…Je vais moi même installer une serre tunnel de 12 m (achetée d’occasion dans le terrain que je viens d’acheter, c’est vrai c’est un outil nécessaire en cette saison, je souhaite développer une activité et d’animation en lien avec le gîte que je viens d’ouvrir autour du jardin partagé (car tout seul c’est trop). Je reviendrai sur votre blog très bien fait dés que j’ai un peu de temps. David François 1001nuitsenberry gîte de charme classé 3* sud Berry au Pêchereau. Bien orientalement à vous .Visitez ma page http://www.facebook.com/1001nuitsenberry Merci

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